Il existe de ces choses pour lesquelles on éprouve une attirance, voire un amour irrationnel dès le premier coup d’œil. Aujourd’hui, il s’agit pour moi de parler de cette attirance envers un jeu complètement marginal, bien qu’assez hypé sur la toile désormais. Il s’agit de Catherine. Bon, okay, le fait qu’il soit réalisé par la team Persona a grandement aidé, vu que j’ai un peu surkiffé Persona 3. Et découvrir que le casting des doubleurs était également composé de quelques-uns de ceux de Persona 3, ça a aidé au kif général de Catherine. Oui, rigoler de la doubleuse de Katherine qui est celle de Yukari dans P3, ça n’a pas de prix. Oui, quand on connait le caractère über straight des deux persos, ça n’a VRAIMENT pas de prix. Et régulièrement depuis sa sortie prévue en Amérique du Nord, je me bénis d’être une Sony-fag. Grâce à ça, commander la fabuleuse édition Love is Over, dans le grand Nord canadien, ne fut qu’une simple formalité. Contrairement aux possesseurs de la 360 qui eux, devront attendre jusque début 2012 puisque eh!, le jeu a été reporté en Europe, il y a peu de temps. Oui, ceci est une pique gratuite. Attention, l’article est rédigé de manière assez subjective par endroits, surtout du point de vue de la symbolique et du ressenti. Car c’est en ça que le jeu possède une grande force, c’est que tout un chacun y trouvera forcément un moyen de rattacher tel ou tel évènement à sa propre situation, peu importe son âge, si l’on est une demoiselle ou un mâle, ou bien même son vécu. Il y aura toujours un petit truc auquel on peut s’identifier. Ce titre est incroyablement mature, réaliste et terre à terre, malgré les fantasies que l’on peut se retrouver à affronter. Car oui, je doute qu’un jour, on en arrive à affronter pour de vrai une paire de fesses avec des yeux.

Catherine narre donc l’histoire de Vincent Brooks, trentenaire un peu perdu dans les responsabilités qui lui incombent de plus en plus avec l’âge, un peu bousculé par sa petite amie qui aimerait bien lui « passer la corde au cou » de manière un peu plus rigoureuse, bref, qui se sent submergé et qui aspire à un train-train quotidien un peu plus « sans prise de tête ». Et c’est à ce moment, qui représente donc le début du jeu, qu’il commencera à avoir une série de cauchemars qui représenteront ses peurs les plus importantes, ces épreuves qu’il devra surmonter afin de trouver une certaine paix intérieure et pour cela, il devra faire quelques choix. Parmi ceux-ci… Katherine, sa petite amie qu’il connait et avec qui il sort depuis un tel nombre d’années qu’il ne s’en souvient plus ( Good job, Vincent. )… ou la séduisante Catherine, qui symbolise tout ce qu’il aime chez une femme, mais aussi une certaine liberté que la dame avec un K semble ne pouvoir lui apporter. Détail amusant, qui brise totalement le quatrième mur, l’histoire nous est présentée comme un show télévisé, avec comme présentatrice Trisha, une jeune femme séduisante à l’afro… étincelante, qui s’adresse directement au joueur. Et vous retrouverez régulièrement le nom de l’émission, Golden Playhouse en haut de votre écran.
Pour commencer, le jeu présente comme trame principale, brute de pomme, une histoire d’amour triangulaire avec l’obligation de faire un choix à la fin de votre partie. Mais jamais vous ne verrez plus qu’une courbe un peu trop suggérée à la sortie du lit à l’écran. Je suis donc perplexe quand je me souviens avoir lu à tort et à travers sur le grand Internet que l’on présentait Catherine comme « le jeu érotique de chez Atlus », a peu de choses près. Catherine n’est en rien érotique. C’est suggéré à de nombreuses fois, mais jamais on ne se prendra quelque chose de franc dans la face à ce niveau-là.
Certes, on en retrouve plusieurs symboles durant tout le jeu, et en premier lieu, le pourquoi des cauchemars de Vincent mais aussi de bon nombre d’hommes, ces cauchemars étant lié au péché de luxure auquel ces derniers se sont pour la plupart livrés, en trompant leur compagne, ou en ayant eu la simple pensée d’aller voir ailleurs. Le fait de choisir des boucs pour représenter les hommes durant la phase cauchemardesque n’est clairement pas un hasard, le bouc étant un animal dont le symbolisme érotique est fort. Mais cela se limite vraiment à cela. Du symbolisme. Donc il serait largement temps d’arrêter de se méprendre sur la nature du jeu Catherine.
D’ailleurs, tant qu’à parler de symbolisme, puisque ce titre en est rempli jusqu’à la lie, autant évoquer l’autre domaine touché : L’avancée dans la vie d’adulte. Déjà évoquée plus haut, elle est elle aussi représentée par plusieurs points. Tout d’abord, de manière franche de par l’histoire racontée par Catherine, le fait de devoir choisir entre l’une ou l’autre des dames peut s’appliquer à tout choix que l’on peut se retrouver faire à tout moment de sa vie, « s’enfermer » dans un quotidien déjà pré-établi qui semble sécurisant ou au contraire, briser tout cela et se lancer dans un périple dont on n’a absolument aucune idée d’où il va nous mener.
Il y a aussi l’un des éléments situés au cœur du jeu : les instants puzzle-like, avec tous ces blocs à pousser, tirer, afin de progresser et de sortir de ces nuits complètement folles. Durant mes premières heures de jeu, je ne voyais qu’une sorte d’immense parallèle entre ces tours de blocs et le… Tartarus présent dans Persona 3. Même équipe à la création, même développeur. Mais passé l’instant fangirl, là aussi, il est possible de voir un immense symbole de l’apprentissage par le « die »& retry. On tente moult combinaison pour parvenir à son but. Certaines échoueront, d’autres mèneront au sommet. Elles sont multiples, à nous de trouver celle qui sera la plus efficace.
Et pour finir dans le symbolisme, tout simplement, qui ne s’est jamais demandé, au réveil, quel était le sens derrière les rêves complètement abracadabrantesques que l’on fait parfois ? Pour Vincent, chaque nuit, il devra affronter ses peurs, ses doutes, matérialisés par des créatures, des êtres difformes. Et c’est fou comme on se sent parfois mal à l’aise devant ces choses. Plus jamais je n’entendrais le mot « Daddy » de la même manière.
D’ailleurs, au delà du ressenti plus ou moins important que le joueur peut accorder au titre au niveau personnel, Catherine est un jeu
qui a de grandes chances de vous faire sentir impliqué dans son déroulement de la première jusqu’à la dernière journée. Disposant de 8 fins différentes, ce seront vos réponses, vos actes, vos textos qui feront pencher la balance, représentée par une barre avec deux angelots aux extrêmités, l’un bleu et représentant le « bon », l’autre rouge et représentant… well, le « mauvais », et vous diront si vous êtes le compagnon idéal, ou bien au contraire, un parfait connard infidèle, tout en nuancant la palette entre ces deux extrêmes. A noter que parfois, la balance oscillera d’elle-même, suivant l’intrigue du jeu, et vous ne pourrez pas y faire grand chose. Pour l’anecdote, je suis tombée en premier lieu sur la « Bad Lover Ending », il semblerait donc que je sois une personne qui a bon fond mais qui est borderline. AHEM.
Catherine a donc une très grande interactivité, le meilleur moment d’entre tous niveau gameplay étant ces textos ou l’on peut définir somme toute une réponse assez personnelle à renvoyer à C. ou K.
Votre capital stress et adrénaline vont également vite être chargés à bloc lors des séquences de puzzle, avec ces blocs qui s’effritent par dizaines sous vos pieds à intervalles réguliers et contre lesquels vous ne pouvez rien faire, excepté grimper toujours plus vite pour éviter une mort plutôt… sanglante. Sans compter les boss qui, malgré des coups qui deviennent rapidement prévisibles et dont il est possible de préparer l’esquive, rajoute un piquant qui vous feront facilement pousser un bon « fille de mauvaise vie » des familles. D’ailleurs, encore moins que d’habitude, je n’ai aucune honte à dire que j’ai fini le jeu pour la première fois en mode facile. D’autant plus quand on sait qu’Atlus itself a du offrir la possibilité de patcher le jeu au Japon afin de lui rajouter ce mode facile, les petits japonais trouvant certaines phases de jeu assez atroces à surmonter. Petit détail qui est bien agréable : la possibilité de switcher à n’importe quel moment dans le jeu de niveau de difficulté. C’est après la première nuit que j’ai switché en mode facile, afin de pouvoir avancer plus rapidement dans l’aventure. En seconde partie, je ne nie pas que je le ferai bien en mode normal intégralement. Pour connaître ma patience. Et aussi pour débloquer le second mode multijoueur.
Car oui, il y a même du multijoueur dans Catherine. L’un en pvp, l’autre en coopération. Respectivement appelés Colosseum et Babel, référence évidente pour ce dernier qui ne peut être débloqué qu’après avoir obtenu un trophée d’or dans le Golden Playhouse, le mode principal. Du coup, pour ceux qui ont joué en facile uniquement, teh heh.
Néanmoins, le mode Colosseum peut satisfaire dans un premier temps, au vu du potentiel de putasserie que vous pourrez dégager pour escalader le niveau tout en bloquant votre adversaire. Pour tout vous dire, en une demi-journée entière, pas une seule fois avec mes deux comparses nous n’avons réussi à atteindre le sommet, tellement les crasses étaient faciles. Débloquer les niveaux de ce mode n’a rien de compliqué, il suffit juste d’avancer dans la trame principale.
A noter les compositions de Shôji Meguro, toujours fidèle au poste chez Atlus, qui signe une OST très prenante, tout à fait dans le ton de Catherine, qui ressemble parfois dans ses mélodies à celles des SMT ou des Persona, mais qui garde quand même une identité propre, et qu’il est très agréable d’écouter en dehors ou in game, vu leur participation à cet état de stress latent durant l’escalade des blocs. Ainsi que les cinématiques à la réalisation assez impeccable du studio 4°C.

Pour conclure, il est fascinant de constater que si, au premier abord, Catherine pourrait être plus destiné à un public masculin ( eh!, le triangle amoureux est composé de deux nanas, quand même ), il se révèle plus ou moins abordable par tous. Même si certaines questions auxquelles on répond dans le confessionnal entre chaque tour gravie sont axés 100% masculines dans leurs formulations, il est tout à fait facile pour une fille de se reconnaître dedans. Et s’il est évident que je n’irai pas mettre ce jeu dans les mains d’un gamin de 12 ans, il est interessant de voir que même si elle ne vivront pas cette expérience de la même manière, tout comme elles n’ont pas le même vécu, une personne de 20 ans comme une personne de 35 ans peuvent se sentir concernés au même niveau ( attention, pas spécialement de la même manière, je le précise à nouveau ) par cette aventure. Personnellement, les problématiques de la vie d’adulte, elles commencent petit à petit à pointer le bout de leur nez, et répondre à certaines questions, ça fait réfléchir.
Bref, un jeu que je recommande chaudement pour cet univers si mature, qui permet de réfléchir sincèrement devant sa console. De se sentir un peu couillon parfois aussi. Mais dans tous les cas, il y a peu de chance de regretter d’y avoir consacré un peu de temps.

Si je vous dis que je dors régulièrement sur une taie d'oreiller comme ça, c'est grave à votre avis ?
[Manga] Un bus passe ~ Heartwarming Moments
Traîner sur l’Internet est quelque chose de fabuleux. Surtout quand on le fait sans but précis. Car ce genre de configuration est la meilleure pour tomber, au milieu d’une kilotonne d’infos inutiles, sur de petites pépites qui vous feront vibrer, rire, pleurer, bref, qui soulèveront chez vous une émotion particulière.
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Et ce qui est fabuleux dans ces presque 200 pages, c’est qu’aucune histoire ne se déroule de la même manière. Certes, les protagonistes sont différents à chacune d’entre elles, ce qui devient logique. Mais les mêmes ficelles pourraient être ré-utilisées à souhait, en ne changeant que de sombres détails. Ce qui n’est absolument pas le cas. Et c’est donc 8 possibilités de se retrouver plus ou moins dans une situation que l’on a déjà vécue, ou que l’on a frôlé, l’espace d’un instant, d’une parole, d’un geste, même. Ou bien alors, prendre un élément dans chaque et composer sa propre histoire.
Il est aussi intéressant de voir que Mizu Sahara n’a pas dépeint que des amours adolescentes mais nous donne une palette assez étalée d’âges, allant de jeunes enfants découvrant tout justes les prémices de l’amour, jusqu’à de jeunes adultes avec les tracas du quotidien mais n’ayant pas renoncé à cette petite pointe de candeur sentimentale, tout en passant par des adolescents qui sont au contraire, en plein dedans. Les deux dernières histoires, d’ailleurs, m’ont plus où moins achevée. Dans le bon sens.
Pour ne rien gâcher, le trait de cet auteure est très agréable, assez shôjoesque, certes, mais elle ne tombe pas dans le piège d’yeux énormes ou d’un abus de trames fleuries ou étincelantes, qui sont deux de mes cauchemars quand j’ai une poussée fleur bleue et que je tombe dans ce genre de séries. Pas de signes particuliers qui démarquent les personnages, qu’ils soient masculins ou féminins, des gens qui sont vraiment comme ceux que l’on pourrait croiser au quotidien, dans la rue, s’ils venaient à être extirpés de leur prison de papier. Ce qui renforce ce sentiment de proximité que l’on peut éprouver pour eux et leur histoire. Ces gens, de par leur côté commun, c’est vous, c’est moi, c’est absolument tout le monde.
Et la couverture ainsi que l’histoire centrale entièrement en couleur et à l’aquarelle, plus pertinente qu’un autre moyen de colorisation, m’ont fait tomber, rajoutant un petit côté mélancolique pas désagréable.
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Comme dit quelques lignes plus haut, donc, Un Bus Passe possède une large gamme de personnages au passif, au caractère différents, et chacune de leurs histoires varie de l’une à l’autre, et c’est pour cela que l’on ait 15 ou 25 ans, ou plus encore, peu importe nos expériences, on a la forte probabilité d’être touché en plein cœur à tout moment.
Et puis, eh, come on, il ne vous coûtera que 10 euros, ce qui est très peu pour un tome d’une édition de bonne qualité et aux pages couleurs. Je dis ça comme ça.
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