En l’occurrence, des enfants morts. Beaucoup. Trop peut-être, si vous êtes un petit cœur sensible. D’ailleurs, il est fort probable que ce soit cette violence psychologique qui vous poursuit durant toute cette expérience vidéo-ludique qui ait valu à Limbo ce +18, désormais disponible sur le PS Network et sur Steam, en plus du XBLive Arcade, ces petits coquinous ayant bénéficié d’une exclusivité durant une année environ. D’ailleurs, si vous êtes plus axé « Jeu sur PC », profitez réellement de le récupérer sur Steam, il y est un peu moins cher. Moi, en fidèle de la manette…
Expérience vidéo-ludique, oui, ça résume plutôt pas mal Limbo. Même si la présence de gros facteurs phobiques pouvait au départ être synonyme d’abandon ou d’un simple visionnage sur le tube, il est clair que ça n’aurait pas donné grand chose de comparable avec les sensations de jeu, manette en main. Oubliés les cris de stupéfaction quand le pauvre petit garçon qui sera votre héros pour les quelques heures à venir se verra être réduit en charpie par un piège à loups, à peine les 5 premières minutes de jeu. Envolée, la tension quand on fait courir à perdre haleine ce même petit garçon pour échapper à cette très grosse bête qui, dans la vraie vie, et à une taille beaucoup plus raisonnable, vous rend hystérique. D’ailleurs, heureusement et malheureusement à la fois pour mon cas, l’élu de mon cœur avait décidé de me montrer joyeusement le passage concerné, ce vil faquin.
Dans tous les cas, Limbo aime jouer avec les émotions. Positives comme négatives. Et tout ceci est clairement aidé par les choix esthétiques et sonores que les développeurs danois du studio PlayDead ( ah ah, ce nom presque révélateur ) ont fait.
Tout d’abord, n’espérez pas trouver un monde débordant de sucre et de couleurs de partout. Tout ce à quoi vous aurez le droit sera un charmant camaïeu de… noir et gris, nous donnant la sensation d’un monde onirique, presque irréel. Et les seules véritables touches de blanc que vous apercevrez seront les yeux du petit garçon. Ces yeux, qui dans certaines zones, seront vos seules sources de lumière, tout court. Histoire de vous indiquer ou est-ce que vous vous situez dans ce couloir démentiellement sombre, alors qu’une mitraillette vient de casser la providentielle ampoule qui vous indiquait la voie à suivre.
Viendra alors le moment où il faudra que vous prouviez que vous avez une bonne oreille. Pour faire attention au moindre déclic. Comme par exemple, cette énorme pierre qui s’est mise à coulisser vers vous, qui roule à toute vitesse et qui donnera une fois encore, un destin funeste à votre petit et vaillant héros. Le jeu n’est globalement pas très généreux en sons. La preuve, le petit garçon n’émettra jamais un seul décibel avec ses cordes vocales, tout ce que vous entendrez de lui, ce seront ces bruits de pas sur l’herbe, sur des plaques de métal ou même encore dans l’eau croupie. Mais si Limbo ne sera jamais reconnu pour une OST, en revanche, il faut vraiment admettre qu’on peut parler d’une ambiance musicale. Cette légère mélodie qui ne laisse pas entrevoir que cinq secondes plus tard, vous allez mourir en étant criblé de balles. Cette herbe qui est brassée par le vent qui souffle et qui nous fait presque oublier ce léger renfoncement dans le sol. Bam. Pour ce qui est de la vibration des tympans, tout est géré avec une extrême parcimonie, le strict minimum. Ce que le cerveau marquera forcément. Et c’est cette parcimonie qui fera que l’on évitera quelques morts type « Die & Retry ». Peut-être.
Mais que tout cela ne fasse pas oublier le but principal de Limbo : Résoudre les énigmes ou passer les obstacles qui se dresseront sur votre chemin par un minimum de logique. De logique, de physique de base même. De timing même. Souvent. De nombreuses fois, prendre le temps de compter les secondes pour passer un piège en toute tranquillité peut s’avérer une solution efficace. Peut-être pas la meilleure. Mais efficace.
Lors des deux premiers tiers, il est facile de buter, mais il est tout aussi facile de se défaire d’une énigme qui bloque le passage. Deux ou trois morts – qu’est-ce qu’il est cruel de parler de morts quand il s’agit d’un enfant d’environ 5-6 ans – suffisent bien souvent à comprendre le mécanisme. Parfois un peu plus, mais les cas sont peu nombreux. Le dernier tiers, lui, est un peu plus retors. Je l’ai souvent haï. Cette gravité qu’il faudrait damner. Mais dans tous les cas, jusqu’au dernier instant, rien d’insurmontable. Au pire, comme dans tout jeu imposant une réflexion et faisant appel à votre logique, il suffit juste d’éteindre et de rallumer quelques heures plus tard. Hop. Magie. Tout passe d’un coup et vous reprenez votre quête.
Votre… quête. Là aussi, ça demeure très minimaliste, et vous n’aurez fondamentalement aucune explication in game sur le pourquoi du comment que vous déjouez maintes et maintes pièges. Rien, jusqu’à ce que vous arriviez à la fin. Et encore.
Non, pour cela, il faudra lire le résumé du jeu, ou vous apprendrez que le petit garçon est à la recherche de sa sœur. Il doit vraiment beaucoup l’aimer pour traverser cette sombre forêt pas très accueillante, cette ville pleine de rouages et de leviers et que sais-je d’autres. Ah oui, ces autres petits diables qui tentent à la moindre occasion de vous offrir une énième mort pas très sympa.
Puis soudainement, ou peut-être avant, vous faites attention au titre du jeu. Et là. Des tas d’interprétations se font. Des tas. Impliquant des sens cachés à plein de choses. Même à cette très grosse bête dans le premier tiers du jeu. La page TvTropes est plutôt bien fournie en explications mais le plus fou reste quand même Youtube et ses vidéos – ainsi que leurs commentaires -, ou les joueurs donnent leur propre interprétation de ces 4 grosses heures de jeu, sûrement moins pour les plus réfléchis d’entre nous. Attention, n’allez pas voir tout ça si vous comptez jouer à Limbo un jour prochain. Ça vous gâcherait définitivement toute la magie présente dans ce titre.
Limbo n’est donc pas un jeu à mettre entre toutes les mains, assurément. De par son côté choquant, il pourrait marquer un peu trop les plus jeunes ou les plus sensibles d’entre les gamers. Mais pour les autres, il n’est pas essentiel mais conseillé de s’y frotter. Avec ce risque d’avoir les poils du bras qui se hérissent ou une palpitation qui augmente sensiblement lors d’un passage un peu plus phobique. Quatre heures pour 12€, quand on constate comment celles-ci sont occupées, on se dit qu’on en a pour son argent. Surtout que les versions PS3 et PC offrent un petit challenge supplémentaire pour les plus acharnés qui auront digéré le run principal.
Je n’ai pas encore digéré.





























[PS3] Catherine ~ Harder than hard
Il existe de ces choses pour lesquelles on éprouve une attirance, voire un amour irrationnel dès le premier coup d’œil. Aujourd’hui, il s’agit pour moi de parler de cette attirance envers un jeu complètement marginal, bien qu’assez hypé sur la toile désormais. Il s’agit de Catherine. Bon, okay, le fait qu’il soit réalisé par la team Persona a grandement aidé, vu que j’ai un peu surkiffé Persona 3. Et découvrir que le casting des doubleurs était également composé de quelques-uns de ceux de Persona 3, ça a aidé au kif général de Catherine. Oui, rigoler de la doubleuse de Katherine qui est celle de Yukari dans P3, ça n’a pas de prix. Oui, quand on connait le caractère über straight des deux persos, ça n’a VRAIMENT pas de prix. Et régulièrement depuis sa sortie prévue en Amérique du Nord, je me bénis d’être une Sony-fag. Grâce à ça, commander la fabuleuse édition Love is Over, dans le grand Nord canadien, ne fut qu’une simple formalité. Contrairement aux possesseurs de la 360 qui eux, devront attendre jusque début 2012 puisque eh!, le jeu a été reporté en Europe, il y a peu de temps. Oui, ceci est une pique gratuite. Attention, l’article est rédigé de manière assez subjective par endroits, surtout du point de vue de la symbolique et du ressenti. Car c’est en ça que le jeu possède une grande force, c’est que tout un chacun y trouvera forcément un moyen de rattacher tel ou tel évènement à sa propre situation, peu importe son âge, si l’on est une demoiselle ou un mâle, ou bien même son vécu. Il y aura toujours un petit truc auquel on peut s’identifier. Ce titre est incroyablement mature, réaliste et terre à terre, malgré les fantasies que l’on peut se retrouver à affronter. Car oui, je doute qu’un jour, on en arrive à affronter pour de vrai une paire de fesses avec des yeux.
Catherine narre donc l’histoire de Vincent Brooks, trentenaire un peu perdu dans les responsabilités qui lui incombent de plus en plus avec l’âge, un peu bousculé par sa petite amie qui aimerait bien lui « passer la corde au cou » de manière un peu plus rigoureuse, bref, qui se sent submergé et qui aspire à un train-train quotidien un peu plus « sans prise de tête ». Et c’est à ce moment, qui représente donc le début du jeu, qu’il commencera à avoir une série de cauchemars qui représenteront ses peurs les plus importantes, ces épreuves qu’il devra surmonter afin de trouver une certaine paix intérieure et pour cela, il devra faire quelques choix. Parmi ceux-ci… Katherine, sa petite amie qu’il connait et avec qui il sort depuis un tel nombre d’années qu’il ne s’en souvient plus ( Good job, Vincent. )… ou la séduisante Catherine, qui symbolise tout ce qu’il aime chez une femme, mais aussi une certaine liberté que la dame avec un K semble ne pouvoir lui apporter. Détail amusant, qui brise totalement le quatrième mur, l’histoire nous est présentée comme un show télévisé, avec comme présentatrice Trisha, une jeune femme séduisante à l’afro… étincelante, qui s’adresse directement au joueur. Et vous retrouverez régulièrement le nom de l’émission, Golden Playhouse en haut de votre écran.
Certes, on en retrouve plusieurs symboles durant tout le jeu, et en premier lieu, le pourquoi des cauchemars de Vincent mais aussi de bon nombre d’hommes, ces cauchemars étant lié au péché de luxure auquel ces derniers se sont pour la plupart livrés, en trompant leur compagne, ou en ayant eu la simple pensée d’aller voir ailleurs. Le fait de choisir des boucs pour représenter les hommes durant la phase cauchemardesque n’est clairement pas un hasard, le bouc étant un animal dont le symbolisme érotique est fort. Mais cela se limite vraiment à cela. Du symbolisme. Donc il serait largement temps d’arrêter de se méprendre sur la nature du jeu Catherine.
D’ailleurs, tant qu’à parler de symbolisme, puisque ce titre en est rempli jusqu’à la lie, autant évoquer l’autre domaine touché : L’avancée dans la vie d’adulte. Déjà évoquée plus haut, elle est elle aussi représentée par plusieurs points. Tout d’abord, de manière franche de par l’histoire racontée par Catherine, le fait de devoir choisir entre l’une ou l’autre des dames peut s’appliquer à tout choix que l’on peut se retrouver faire à tout moment de sa vie, « s’enfermer » dans un quotidien déjà pré-établi qui semble sécurisant ou au contraire, briser tout cela et se lancer dans un périple dont on n’a absolument aucune idée d’où il va nous mener.
Il y a aussi l’un des éléments situés au cœur du jeu : les instants puzzle-like, avec tous ces blocs à pousser, tirer, afin de progresser et de sortir de ces nuits complètement folles. Durant mes premières heures de jeu, je ne voyais qu’une sorte d’immense parallèle entre ces tours de blocs et le… Tartarus présent dans Persona 3. Même équipe à la création, même développeur. Mais passé l’instant fangirl, là aussi, il est possible de voir un immense symbole de l’apprentissage par le « die »& retry. On tente moult combinaison pour parvenir à son but. Certaines échoueront, d’autres mèneront au sommet. Elles sont multiples, à nous de trouver celle qui sera la plus efficace.
Et pour finir dans le symbolisme, tout simplement, qui ne s’est jamais demandé, au réveil, quel était le sens derrière les rêves complètement abracadabrantesques que l’on fait parfois ? Pour Vincent, chaque nuit, il devra affronter ses peurs, ses doutes, matérialisés par des créatures, des êtres difformes. Et c’est fou comme on se sent parfois mal à l’aise devant ces choses. Plus jamais je n’entendrais le mot « Daddy » de la même manière.
D’ailleurs, au delà du ressenti plus ou moins important que le joueur peut accorder au titre au niveau personnel, Catherine est un jeu
qui a de grandes chances de vous faire sentir impliqué dans son déroulement de la première jusqu’à la dernière journée. Disposant de 8 fins différentes, ce seront vos réponses, vos actes, vos textos qui feront pencher la balance, représentée par une barre avec deux angelots aux extrêmités, l’un bleu et représentant le « bon », l’autre rouge et représentant… well, le « mauvais », et vous diront si vous êtes le compagnon idéal, ou bien au contraire, un parfait connard infidèle, tout en nuancant la palette entre ces deux extrêmes. A noter que parfois, la balance oscillera d’elle-même, suivant l’intrigue du jeu, et vous ne pourrez pas y faire grand chose. Pour l’anecdote, je suis tombée en premier lieu sur la « Bad Lover Ending », il semblerait donc que je sois une personne qui a bon fond mais qui est borderline. AHEM.
Catherine a donc une très grande interactivité, le meilleur moment d’entre tous niveau gameplay étant ces textos ou l’on peut définir somme toute une réponse assez personnelle à renvoyer à C. ou K.
Car oui, il y a même du multijoueur dans Catherine. L’un en pvp, l’autre en coopération. Respectivement appelés Colosseum et Babel, référence évidente pour ce dernier qui ne peut être débloqué qu’après avoir obtenu un trophée d’or dans le Golden Playhouse, le mode principal. Du coup, pour ceux qui ont joué en facile uniquement, teh heh.
Néanmoins, le mode Colosseum peut satisfaire dans un premier temps, au vu du potentiel de putasserie que vous pourrez dégager pour escalader le niveau tout en bloquant votre adversaire. Pour tout vous dire, en une demi-journée entière, pas une seule fois avec mes deux comparses nous n’avons réussi à atteindre le sommet, tellement les crasses étaient faciles. Débloquer les niveaux de ce mode n’a rien de compliqué, il suffit juste d’avancer dans la trame principale.
A noter les compositions de Shôji Meguro, toujours fidèle au poste chez Atlus, qui signe une OST très prenante, tout à fait dans le ton de Catherine, qui ressemble parfois dans ses mélodies à celles des SMT ou des Persona, mais qui garde quand même une identité propre, et qu’il est très agréable d’écouter en dehors ou in game, vu leur participation à cet état de stress latent durant l’escalade des blocs. Ainsi que les cinématiques à la réalisation assez impeccable du studio 4°C.
Pour conclure, il est fascinant de constater que si, au premier abord, Catherine pourrait être plus destiné à un public masculin ( eh!, le triangle amoureux est composé de deux nanas, quand même ), il se révèle plus ou moins abordable par tous. Même si certaines questions auxquelles on répond dans le confessionnal entre chaque tour gravie sont axés 100% masculines dans leurs formulations, il est tout à fait facile pour une fille de se reconnaître dedans. Et s’il est évident que je n’irai pas mettre ce jeu dans les mains d’un gamin de 12 ans, il est interessant de voir que même si elle ne vivront pas cette expérience de la même manière, tout comme elles n’ont pas le même vécu, une personne de 20 ans comme une personne de 35 ans peuvent se sentir concernés au même niveau ( attention, pas spécialement de la même manière, je le précise à nouveau ) par cette aventure. Personnellement, les problématiques de la vie d’adulte, elles commencent petit à petit à pointer le bout de leur nez, et répondre à certaines questions, ça fait réfléchir.
Bref, un jeu que je recommande chaudement pour cet univers si mature, qui permet de réfléchir sincèrement devant sa console. De se sentir un peu couillon parfois aussi. Mais dans tous les cas, il y a peu de chance de regretter d’y avoir consacré un peu de temps.
Si je vous dis que je dors régulièrement sur une taie d'oreiller comme ça, c'est grave à votre avis ?
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